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Covoiturage ou trajet solo : quel choix pour l'ES Saint-Simon ?

0,20 € par kilomètre et par passager: Bercy donne ce repère pratique pour le covoiturage. Sauf que ce n’est pas un tarif obligatoire, ni une formule magique, ni une dispense de s’organiser.

Adrien Poulain·Mis à jour : 17 juillet 2026·15 min de lecture

Covoiturage ou trajet solo : quel choix pour l'ES Saint-Simon ?

Covoiturage ou trajet solo: quel choix pour l’ES Saint-Simon?

Dans le football amateur, on adore les règles simples jusqu’au moment où elles rencontrent un samedi matin, douze joueurs U13, trois voitures disponibles, un siège-auto manquant et un match à l’autre bout de la Haute-Garonne.

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Pour les déplacements de l’ES Saint-Simon, la question du covoiturage ou du trajet individuel ne se tranche donc pas avec un grand mot sur l’écologie ou deux messages envoyés à la hâte sur un groupe. Elle se pose très concrètement: qui conduit, qui prend qui, dans quelle voiture, avec quelle autorisation, à quelle heure — et qui paie quoi sans que la buvette devienne un centre de contentieux fiscal.

Le covoiturage peut alléger la logistique des matchs extérieurs. Il peut aussi la compliquer s’il est improvisé. Entre le parent qui va de toute façon au stade, celui qui accepte de prendre deux enfants et celui qui découvre le vendredi soir qu’il faut faire un détour de vingt minutes, il y a une différence. C’est précisément là que le club amateur doit remettre un peu de méthode dans le désordre ordinaire.

Le trajet solo: simple en apparence, coûteux dans la réalité

Le trajet individuel a un avantage que personne ne peut lui enlever: il évite la coordination. Chaque famille gère son départ, son retour, son enfant, sa voiture et son retard éventuel. Sur le papier, c’est le chemin de la tranquillité.

Dans les faits, ce modèle a ses limites, surtout lorsque les équipes jouent à l’extérieur autour de Toulouse. Les convocations ne sont pas toujours compatibles avec les horaires de travail, les fratries doivent parfois suivre, certains parents ne disposent pas d’un véhicule le week-end et d’autres ne connaissent simplement pas le terrain adverse. Résultat: le « chacun se débrouille » fonctionne jusqu’au jour où il ne fonctionne plus. Et ce jour-là, le dirigeant reçoit trois appels à une heure du rendez-vous.

Il y a aussi la question financière, moins glorieuse mais plus tangible que les grands principes. Car un déplacement ne se résume pas au carburant. Dans le partage des frais de covoiturage, entrent notamment:

  • le carburant, évidemment;
  • les péages et le stationnement lorsqu’il y en a;
  • l’usure du véhicule, les pneumatiques, l’entretien et les réparations;
  • l’assurance automobile;
  • plus largement, le coût réel d’une voiture qui roule pour faire vivre les championnats du week-end.

Le parent qui utilise sa voiture pour accompagner une équipe ne devient pas chauffeur professionnel. Il rend service. Mais rendre service ne signifie pas devoir financer seul tous les kilomètres du calendrier. Dans un club comme l’ES Saint-Simon, où les cotisations ne font pas pousser des minibus dans le parking du club house, cette réalité mérite mieux qu’un gêné « on verra plus tard ».

Le covoiturage n’est pas une navette gratuite: c’est un partage de trajet, de frais et de responsabilités.

Le trajet solo garde donc sa place. Il est souvent plus souple pour une famille, particulièrement si elle doit partir ou repartir à un horaire différent. Il peut être préférable lorsqu’un enfant a un besoin spécifique, lorsqu’il reste peu de places dans les véhicules disponibles ou lorsqu’aucune coordination fiable n’est possible. Le problème n’est pas la voiture individuelle. Le problème, c’est de prétendre qu’elle n’a aucun coût collectif quand le club perd des joueurs faute de solution de transport.

Covoiturage: utile, à condition de ne pas jouer avec les mots

Le mot « covoiturage » est employé à toutes les sauces. Or le cadre français est assez clair: le conducteur doit effectuer le déplacement pour son propre compte, partager son véhicule avec d’autres personnes et ne percevoir qu’un partage des frais. Autrement dit, un parent qui se rend au match de son enfant et embarque deux coéquipiers, c’est du covoiturage.

En revanche, une personne qui organise spécialement des trajets pour transporter des joueurs contre paiement sort de cette logique. À ce stade, nous ne sommes plus dans le coup de main entre familles: nous commençons à nous approcher d’une activité de transport. Et ce n’est pas avec une cagnotte approximative et quelques emojis sur WhatsApp qu’on règle la question.

Bercy recommande de rester à 0,20 € par kilomètre et par passager pour une offre de covoiturage. C’est un repère raisonnable, fondé sur un barème fiscal maximal de 0,60 € par kilomètre. Mais répétons-le, puisque les chiffres ont le don de se transformer en règlement intérieur dès qu’ils circulent: 0,20 € n’est pas un prix légal imposé à tous les clubs.

Pour que les sommes reçues restent dans le cadre du partage de frais et ne soient pas imposables, trois conditions se cumulent: le conducteur réalise le trajet pour son propre compte, le total perçu ne dépasse pas le barème kilométrique forfaitaire réparti entre les voyageurs, et le conducteur conserve lui-même une part des frais, notamment de carburant et de péage. Traduction moins administrative: le conducteur ne doit pas faire du bénéfice sur le déplacement de l’équipe.

SituationTrajet individuelCovoiturage bien organisé
Horaire de départLiberté maximale pour chaque familleHoraire commun à tenir, donc rappel nécessaire
Coût pour le conducteurSupporté seul, sauf accord ponctuelRéparti entre les occupants dans une logique de frais
Nombre de voituresUne voiture par famille, parfois pour un seul joueurMoins de véhicules si les places sont réellement remplies
Gestion des mineursParent responsable de son enfantCoordination entre parents, éducateur et accompagnateurs
Risque d’improvisationFaible à l’échelle d’une familleÉlevé si les listes de voitures arrivent la veille au soir
Impact localStationnement et trafic multipliés autour des terrainsPotentiellement réduit, sans garantie si les détours sont nombreux

L’intérêt collectif est évident quand quatre voitures qui auraient roulé avec un seul joueur peuvent devenir deux véhicules correctement remplis. Mais il ne faut pas vendre cette idée comme un miracle vert prêt à l’emploi. L’ADEME indique qu’un véhicule partagé peut diviser par deux les émissions attribuées à un trajet; cela suppose, logiquement, que le partage remplace réellement plusieurs voitures. Une voiture qui fait un grand détour pour ramasser un joueur, puis revient chercher une deuxième famille, n’est pas automatiquement la réponse écologique à tout.

Les chiffres nationaux donnent toutefois une indication utile: 16 millions de Français ont covoituré au moins une fois sur l’année précédant l’enquête publiée par l’ADEME en septembre 2025. Sur les trajets courts informels, la moyenne est de 15 kilomètres et le taux d’occupation de 2,9 personnes par voiture. Cela ne décrit pas les déplacements de l’ES Saint-Simon, soyons sérieux. Mais cela rappelle qu’un véhicule avec trois personnes à bord n’est pas une utopie administrative: c’est une habitude qui existe déjà.

Pour les jeunes, la sécurité passe avant la feuille de route

C’est ici que la discussion cesse d’être seulement financière. Pour une équipe senior, des joueurs majeurs peuvent s’organiser entre eux, dans les limites du bon sens et des assurances de chacun. Pour les catégories jeunes, le club, les éducateurs et les familles doivent tenir une ligne beaucoup plus nette.

La Fédération française de football prévoit que l’accompagnateur ou l’accompagnatrice d’équipe — souvent un parent — peut participer à l’organisation des déplacements. Cette fonction est précieuse. Elle évite que l’éducateur devienne à la fois coach, standardiste, répartiteur de véhicules et enquêteur sur les sièges disponibles. Il a déjà un match à préparer.

Mais organiser ne veut pas dire seulement écrire: « Qui a des places? » La répartition des voitures doit être connue avant le départ, avec les coordonnées des conducteurs et l’identité des enfants transportés. Si un véhicule manque au rendez-vous, nous devons savoir immédiatement quels joueurs sont concernés. Sinon, le football amateur se retrouve à faire de la gestion de crise sur le parking, discipline dans laquelle aucun district ne distribue de diplôme.

Les règles de base ne souffrent aucune créativité:

1. Chaque occupant porte sa ceinture. Ce n’est ni une recommandation de confort ni une variable d’ajustement quand on essaie de faire rentrer un dernier sac de sport.

2. Le nombre de passagers ne dépasse jamais le nombre de places équipées de ceintures. Un coffre n’est pas une banquette d’appoint, même pour un trajet de dix minutes vers un terrain voisin.

3. Les enfants de moins de 10 ans disposent d’un dispositif de retenue homologué et adapté. La norme R129 classe les sièges selon la taille de l’enfant. Dans les catégories les plus jeunes, la question doit être réglée avant le rendez-vous, pas devant le portail du stade.

4. Le conducteur est identifié et joignable. En cas de retard, d’incident ou de changement de lieu, l’accompagnateur d’équipe doit savoir qui transporte qui.

5. Les familles connaissent le cadre du retour. Après-match, douche, goûter, prolongation ou remise de maillots: le retour est souvent plus flou que l’aller. C’est pourtant le même transport de mineurs, avec parfois des enfants fatigués et des parents qui attendent.

Une place dans une voiture n’est pas une case à cocher: pour un mineur, c’est une responsabilité nominative.

Ce point peut sembler lourd. Il l’est moins que de devoir expliquer pourquoi un enfant a été confié au dernier moment à quelqu’un que personne n’avait formellement désigné. Le football de quartier repose sur la confiance; c’est justement pour la préserver qu’il faut éviter le flou.

Assurance: la responsabilité civile ne règle pas toutes les questions

Une confusion revient régulièrement dans les associations sportives: « Le club est assuré, donc tout est couvert. » Non. Ce serait confortable, mais les assurances ne sont pas conçues pour nous simplifier la vie par principe.

L’assurance automobile obligatoire de responsabilité civile couvre les dommages causés aux tiers, y compris aux passagers transportés en covoiturage. C’est le socle. Si un parent conduit son véhicule personnel avec des joueurs à bord, les passagers ne sont donc pas laissés sans protection par le seul fait qu’il s’agit d’un déplacement vers un match.

En revanche, plusieurs situations doivent être vérifiées dans le contrat du conducteur, pas devinées au bord du terrain:

  • le prêt du volant, si un autre adulte est susceptible de conduire;
  • l’utilisation d’un véhicule de fonction;
  • les conditions particulières liées aux trajets domicile-travail, qui peuvent parfois être déclarées ou limitées;
  • les garanties sur le véhicule lui-même, car indemniser les passagers et réparer la voiture du conducteur sont deux sujets distincts;
  • toute somme perçue qui dépasserait manifestement un simple partage de frais.

Le club peut avoir sa propre assurance associative, couvrant notamment certaines activités, bénévoles ou responsabilités. Cela ne signifie pas qu’elle se substitue automatiquement à l’assurance auto d’un parent. Ici, la paperasse n’est pas un vice français de plus: c’est le seul moyen de savoir ce qui est réellement garanti.

Les dirigeants ne doivent pas jouer les courtiers, ni exiger des familles qu’elles fournissent leur contrat complet tous les trois mois. En revanche, une information simple est légitime: chaque conducteur mobilisé pour transporter des joueurs doit confirmer qu’il dispose d’un véhicule assuré et en règle, avec assez de places adaptées aux enfants transportés. Pas besoin d’un interrogatoire. Une attestation sur l’honneur ou une charte interne claire peut suffire, selon le fonctionnement retenu par l’association.

Et si un doute existe sur la couverture, il faut le lever auprès de l’assureur concerné. Le mot « bénévole » ne transforme pas une exclusion contractuelle en garantie par miracle. Hélas, même dans le football amateur, les miracles sont rarement homologués.

Le bon modèle: une organisation légère, pas une usine à gaz

Le piège serait de répondre à une logistique imparfaite par un dispositif kafkaïen. Un club amateur n’a pas besoin d’une plateforme de mobilité avec validation biométrique, tableau de bord carbone et comité mensuel sur l’optimisation des places arrière. Nous avons déjà les licences, les convocations, les plateaux, les reports météo, les cotisations et le stock de gobelets à gérer.

En revanche, une méthode répétable évite beaucoup de tensions. Pour les déplacements des équipes de jeunes de l’ES Saint-Simon, une organisation sobre peut tenir en quelques principes.

Désigner un référent déplacement par équipe

Ce référent n’est pas forcément le coach. Il peut s’agir d’un parent volontaire ou de l’accompagnateur d’équipe. Son rôle est limité: recenser les besoins, identifier les places, vérifier que personne ne reste sur le carreau et transmettre les informations utiles.

La limite est importante: le référent ne devient pas responsable de l’état mécanique de chaque voiture ni de la vie privée des familles. Il coordonne, il ne remplace ni les conducteurs ni les parents.

Fixer une échéance avant le match

Le vendredi à 22 h 47 n’est pas un bon moment pour découvrir qu’il manque deux places pour un match le lendemain. Une réponse demandée suffisamment tôt permet de répartir les véhicules, de prévoir les sièges enfants et de laisser aux familles une solution de repli.

Dans l’idéal, la convocation distingue clairement trois informations: le joueur est-il présent, vient-il par ses propres moyens, et peut-il proposer une ou plusieurs places? Cette dernière question est souvent oubliée alors qu’elle fait toute la différence.

Écrire les règles de frais plutôt que les négocier à chaque fois

Le plus simple reste souvent l’absence de remboursement sur les très courts déplacements, lorsque les familles s’entraident de manière régulière et volontaire. Pour les trajets plus longs, une contribution peut être proposée à l’avance, avec un montant transparent et proportionné.

Le club n’a aucun intérêt à transformer chaque match en comptabilité de péage. Mais il n’a pas non plus intérêt à laisser toujours les mêmes parents absorber le coût des kilomètres. Une règle comprise vaut mieux qu’une gratitude vague répétée toute la saison.

Ne pas confondre capacité et disponibilité

Une voiture cinq places ne transporte pas forcément quatre joueurs. Il y a le conducteur, parfois son propre enfant, les sacs, les rehausseurs, les contraintes d’âge et, accessoirement, le fait que les joueurs doivent être attachés. Sur ce point, les additions créatives sont à bannir.

Pour les catégories les plus jeunes, le nombre de sièges adaptés doit être demandé explicitement. Pas « combien de places? », mais « combien de places avec ceinture et dispositif adapté? ». Ce n’est pas plus compliqué; c’est simplement la bonne question.

Prévoir la solution de secours sans encourager le désordre

Une famille peut avoir un imprévu. Un véhicule peut tomber en panne. Un joueur peut arriver sans prévenir alors qu’il était annoncé absent — événement aussi rare qu’un arbitre qui ne se trompe jamais, donc parfaitement prévisible.

Le référent doit savoir qui contacter en cas de difficulté, mais le système ne doit pas reposer chaque semaine sur le même parent sauveteur. La solidarité n’est durable que si elle est répartie. À Saint-Simon comme ailleurs, l’épuisement bénévole commence souvent par ces « petits dépannages » qui deviennent une obligation silencieuse.

Ce que le club gagne réellement à mieux partager les voitures

Le premier bénéfice est sportif. Un joueur qui ne manque pas un match faute de transport reste dans le collectif. Cela paraît élémentaire, mais dans les équipes de jeunes, les absences logistiques pèsent parfois autant que les blessures ou les emplois du temps familiaux.

Le deuxième est social. Le covoiturage crée du lien entre parents qui se croisent sans toujours se parler, entre familles récemment arrivées dans le quartier Saint-Simon et habitués du club, entre joueurs qui partagent autre chose que l’échauffement. Il ne faut pas romantiser la banquette arrière, mais quinze minutes de trajet peuvent intégrer davantage qu’un discours d’accueil au début de la saison.

Le troisième est territorial. Moins de voitures autour d’un complexe sportif, moins de stationnement improvisé, moins de familles qui font chacune le même trajet: c’est cohérent avec l’idée d’un sport amateur ancré dans son quartier. Pas besoin d’afficher une grande stratégie d’écologie club sport amateur pour reconnaître une évidence matérielle.

Mais le bénéfice ne viendra que si les voitures roulent réellement plus pleines. Le covoiturage n’est ni automatiquement moins cher, ni automatiquement plus écologique, ni automatiquement plus pratique. Il dépend du remplissage, des détours, des horaires et de la fiabilité de l’organisation. Bref, il dépend de nous.

Entre le trajet solo systématique et la grande mutualisation imposée, il existe une voie praticable: proposer, coordonner, sécuriser, puis laisser les familles choisir selon leur situation. Le football amateur ne manque pas de bonnes volontés. Ce qu’il lui manque parfois, c’est une feuille de route lisible avant que tout le monde se retrouve sur le parking à demander: « Il reste une place? »

Pour l’ES Saint-Simon, le bon sens tient probablement dans cette formule: partager les voitures quand cela aide vraiment, ne jamais partager les responsabilités à moitié, et ne pas faire payer au bénévole le prix de l’improvisation collective.

Questions fréquentes

Quel est le montant recommandé pour le partage des frais de covoiturage ?
Bercy suggère un repère de 0,20 € par kilomètre et par passager, tout en précisant qu'il ne s'agit pas d'un tarif obligatoire imposé aux clubs.
Le covoiturage est-il considéré comme une activité professionnelle de transport ?
Non, tant que le conducteur effectue le trajet pour son propre compte, qu'il ne réalise pas de bénéfice et que le montant perçu reste dans les limites du barème kilométrique.
L'assurance du club couvre-t-elle automatiquement les trajets en voiture ?
Non, l'assurance du club ne se substitue pas à l'assurance automobile personnelle du conducteur, qui reste le socle de la couverture pour les dommages causés aux tiers.
Comment organiser efficacement les déplacements des jeunes joueurs ?
Il est conseillé de nommer un référent déplacement par équipe, de fixer les règles de transport et de répartition des places bien avant le jour du match.
Quelles sont les règles de sécurité incontournables pour transporter des enfants ?
Chaque passager doit avoir sa propre ceinture, le nombre de personnes ne doit pas dépasser le nombre de places équipées, et les enfants de moins de 10 ans doivent utiliser un dispositif de retenue homologué.