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Football féminin : Jill Scott alerte sur le manque criant de moyens dans les clubs amateurs

Selon la BBC, Jill Scott, ancienne internationale anglaise, a participé à une séance avec de jeunes joueuses à Holland Park School, dans l’ouest de Londres, pour alerter sur le manque de moyens du…

Juliette Garnier·mis à jour 16 juillet 2026

Football féminin : Jill Scott alerte sur le manque criant de moyens dans les clubs amateurs

Selon la BBC, Jill Scott, ancienne internationale anglaise, a participé à une séance avec de jeunes joueuses à Holland Park School, dans l’ouest de Londres, pour alerter sur le manque de moyens du football féminin de base. Le constat exprimé sur place est très concret: l’élan suscité par les Lionesses ne suffit pas, lorsque les filles ne trouvent ni équipe disponible, ni encadrement, ni porte d’entrée durable vers la pratique. Pour les clubs amateurs, c’est un rappel utile: une vocation ne se transforme en licence que si le terrain, les éducateurs et l’accueil suivent.

Derrière la demande, des places qui manquent

La campagne Kick On, soutenue par Starling Bank, veut encourager les entreprises locales à parrainer les clubs de proximité afin d’élargir l’accès des jeunes joueuses au football. À Holland Park School, des filles de 11 à 14 ans ont raconté à la BBC une difficulté qui parle à bien des bénévoles: chercher longtemps « la bonne équipe », se heurter à des collectifs déjà complets, ou ne trouver autour de soi que des clubs ouverts aux garçons.

Sofia, 13 ans, explique avoir passé plusieurs essais sans encore trouver sa place. Natalie, du même âge, dit sa frustration face au peu d’équipes féminines accessibles. Emilia, 14 ans, rapporte que certaines de ses amies n’ont pas pu rejoindre un club, faute de créneaux ou d’éducateurs en nombre suffisant. Ce ne sont pas des obstacles abstraits: ils se traduisent par des familles qui renoncent, des trajets trop longs, une première saison qui ne commence jamais.

La capitaine d’une équipe de football amateur, Amelia, souligne aussi l’écart de visibilité avec les garçons, notamment pour les tournois, les matches et le repérage. Son propos ne réclame pas un traitement à part; il rappelle qu’à niveau d’envie égal, les parcours proposés ne sont pas encore les mêmes.

Financer aussi le lien quotidien

L’étude commandée par Starling Bank, citée par la BBC, indique que 97 % des entraîneurs engagés dans le football féminin et des filles estiment avoir besoin de financements supplémentaires. Neuf sur dix considèrent qu’un apport additionnel leur aurait permis d’ouvrir davantage d’opportunités aux joueuses.

Dans le football amateur, cet argent ne recouvre pas seulement une ligne comptable. Il peut signifier un créneau d’entraînement maintenu, du matériel partagé dans de bonnes conditions, une éducatrice ou un éducateur disponible, une équipe qui n’a pas à refuser des inscriptions. L’enquête mentionne qu’un club sur cinq a dû écarter des joueuses par manque de ressources. Elle relève également que 76 % des joueuses envisageraient d’arrêter si leur club ne trouvait pas davantage de financement au cours des cinq prochaines années.

Pour une association locale, l’enjeu est donc moins de promettre des trajectoires d’élite que de consolider ce maillage ordinaire: permettre à une enfant de venir essayer, de revenir la semaine suivante, puis de se sentir attendue dans un collectif.

L’après-victoire se joue au club

Les succès de l’équipe d’Angleterre ont profondément accru la visibilité du football féminin: les Lionesses ont remporté l’Euro 2022, conservé leur titre européen en 2025 et atteint leur première finale de Coupe du monde féminine en 2023. Mais la séquence racontée par Jill Scott montre que la popularité d’un sommet ne remplace pas l’ancrage des clubs.

C’est là que se joue la suite: dans la capacité des équipes locales à accueillir la demande nouvelle sans épuiser les bénévoles ni fermer la porte faute de place. Investir dans le football des filles, ce n’est pas seulement accompagner une tendance. C’est donner une continuité à celles qui, déjà, veulent jouer.