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Toulouse FC : le modèle de structuration féminine salué par la LFFP

La Ligue Féminine de Football Professionnel a récompensé le Toulouse FC pour la structuration de sa section féminine, une distinction qui tombe à un moment où le football féminin régional traverse…

Juliette Garnier·mis à jour 22 juillet 2026

Toulouse FC : le modèle de structuration féminine salué par la LFFP

La Ligue Féminine de Football Professionnel a récompensé le Toulouse FC pour la structuration de sa section féminine, une distinction qui tombe à un moment où le football féminin régional traverse justement des turbulences révélatrices de ses fragilités. Car à quelques encablures du Stadium, au club de Rangueil, c'est un tout autre climat qui prévaut: une fronde interne secoue la section féminine, menaçant la pratique de dizaines de licenciées. L'une souligne les progrès possibles quand on investit dans l'organisation; l'autre rappelle ce qui se passe quand le maillage se défait.

Quand la structuration porte ses fruits

Le Toulouse FC et sa section féminine ont été mis à l'honneur par la LFFP, la ligue professionnelle féminine, pour la qualité de la structuration de leur pôle féminin. Le club rose et violet devient ainsi une référence en matière d'organisation et de développement du football féminin à l'échelle régionale. Pour les bénévoles et éducateurs de terrain qui œuvrent chaque week-end dans les championnats régionaux, ce type de reconnaissance envoie un signal: investir dans l'encadrement, les créneaux, la formation des éducatrices et le suivi des joueuses n'est pas un luxe — c'est ce qui fait la différence entre un projet qui tient et une section qui s'effiloche.

L'autre visage: le schisme de Rangueil

Le contraste est saisissant avec ce qui se joue depuis plusieurs mois au Toulouse Rangueil Football Club. Sa section féminine, la plus importante du club fondé en 1986, est secouée par un conflit ouvert entre l'ancienne responsable du pôle féminin, Audrey Ganot, et la direction du club. L'éducatrice, qui entraînait l'équipe première en R1 depuis cinq ans, affirme avoir été « virée comme une malpropre » et revendique le soutien de 68 licenciées prêtes à la suivre dans la création d'un club féminin autonome, le Toulouse Rangueil Football Féminin.

Du côté de la direction du TRFC, le secrétaire Jean-Jacques Truilhé dénonce des « innombrables mensonges » et une « gourmandise financière », assurant qu'une vingtaine de joueuses seulement ont choisi de partir. Une querelle qui, selon l'article de La Dépêche du Midi, pourrait même se poursuivre devant les tribunaux. Une solution de secours a été trouvée avec le Toulouse Football Sud, qui a accepté d'héberger les joueuses désirant quitter le TRFC — mais nul ne sait encore si elles seront autorisées à disputer la moindre compétition.

Les joueuses, premières victimes du « gâchis »

Derrière les postures, ce sont les licenciées qui paient le prix de cette fracture. « Le climat est vraiment malsain », confie l'une d'entre elles, qui regrette « ce passage en force » et « cette querelle d'ego ». Une autre parle d'un « terrible gâchis », se disant « franchement dégoûtée par ce pitoyable spectacle ». Des mots qui résonnent au-delà de Rangueil et qui rappellent une réalité bien connue des acteurs du football amateur féminin: quand la gouvernance vacille, ce sont toujours les joueuses qui se retrouvent « prises en otage », pour reprendre leur propre expression.

Le cas du Toulouse FC, récompensé pour sa structuration, montre qu'un cadre solide — créneaux dédiés, équipe éducative stable, projet fédérateur — permet de prévenir ce type de crise. À l'heure où la FFF vient de publier les calendriers du Championnat de France de D3 Féminine pour la saison 2026-2027, et où la D1 Futsal féminine se réorganise en trois groupes, l'enjeu est clair: le football féminin ne peut pas se permettre de perdre des licenciées dans des conflits de personnes. Le bénévolat, le maillage local, l'ancrage dans les quartiers — tout cela repose sur une confiance fragile qu'il suffit d'une querelle d'égo pour fissurer.