Wealden Community Sports Hub : un nouvel élan pour le football féminin et amateur
D'après un reportage de la presse locale britannique, le Wealden Community Sports Hub a ouvert ses portes le mois dernier à Hailsham, dans l'East Sussex.
Juliette Garnier·mis à jour 15 septembre 2026

Plus de 130 équipes y seront accueillies, dix clubs de football amateur soutenus, et au moins un quart des créneaux en heure de pointe réservé aux femmes et aux filles — un pari chiffré sur la place du football féminin dans le sport communautaire.
Une infrastructure financée par l'argent public et le football professionnel
Le projet a été financé à hauteur de 13,2 millions de livres sterling par le district de Wealden, complété par une subvention de 3,5 millions de livres versée par la Premier League, la FA et le gouvernement britannique dans le cadre du programme Hubs du Football Foundation. Sur un même site se croisent désormais football, padel, tennis, netball, café familial, aire de jeux et skatepark — une mutualisation qui évoque, à une tout autre échelle, ce que tentent déjà certains clubs amateurs français lorsqu'ils partagent leurs installations avec d'autres sections.
Pour le conseiller Kelvin Williams, élu libéral-démocrate en charge de la santé publique au sein du conseil de district, l'enjeu dépasse la seule addition d'équipements. Selon lui, le hub doit ouvrir des opportunités à ceux qui ont pu faire face à des barrières pour participer, et donner à chacun la chance de se sentir membre d'une équipe dans sa communauté. Une manière de replacer l'humain et le collectif au cœur du projet, plutôt que la simple accumulation de mètres carrés.
Le football féminin comme colonne vertébrale du projet
Trois équipes du Women's Flex-League — Heathfield & Horam, Pevensey & Westham, et Eastbourne — sont déjà basées au hub. Le site accueillera également des sessions récréatives mixtes via Football for All, Gals FC, un groupe « Keep Fitters » pour les plus de trente ans, et développera de nouveaux créneaux pour les jeunes filles en s'appuyant sur la Brighton & Hove Albion Foundation. Boost Netball occupera les terrains deux soirées par semaine ainsi que le samedi matin, pendant que la Eastbourne Netball League utilisera les courts deux soirées pour des sessions juniors et adultes. Le padel, lui, se réserve via l'application Playtomic.
L'ensemble dessine une grille d'usage où les joueuses ne sont pas reléguées aux horaires marginaux, mais intégrées dès la conception du planning. Une attention qui, dans le paysage amateur britannique, reste loin d'être généralisée.
Un opérateur associatif qui réinvestit les bénéfices localement
L'exploitation est confiée à Leisure United, présenté comme l'un des opérateurs associatifs de hubs sportifs communautaires à la croissance la plus rapide en Angleterre, avec dix-neuf sites répartis sur le territoire. Tous les bénéfices générés seront réinvestis dans le sport amateur du district, selon la structure. Pour Mark Coulson, directeur général de Leisure United, l'objectif est de faire du lieu un espace où chacun se sentira accueilli, avec une attention particulière portée aux opportunités créées pour les femmes et les filles, à travers un travail mené en partenariat étroit avec les clubs locaux et les organisations communautaires.
Au-delà du cas britannique, c'est la méthode qui retient l'attention: associer plusieurs disciplines sur un même site, garantir par écrit une part minimale de créneaux aux équipes féminines, et confier la gestion à un opérateur sans but lucratif dont les bénéfices retournent au tissu sportif local. À l'échelle d'un club comme l'Étoile Sportive de Saint-Simon, la leçon n'est pas de reproduire l'investissement colossal consenti par Wealden, mais de questionner ce qui peut être mutualisé — créneaux, équipements, partenariats associatifs — et, surtout, la place faite aux joueuses dans la planification des horaires. Le football féminin amateur ne se développe pas uniquement sur les terrains: il se construit aussi dans la manière dont on aménage le temps et l'espace commun.