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L'odyssée des footballeuses afghanes : une équipe nationale en exil

Comme le rapporte la Deutsche Welle, l'équipe nationale féminine d'Afghanistan a repris le chemin des terrains sur les pelouses du club de Bundesliga Wolfsburg, à des milliers de kilomètres d'un pays qui interdit toujours le sport féminin aux femmes.

Juliette Garnier·mis à jour 11 septembre 2026

L'odyssée des footballeuses afghanes : une équipe nationale en exil

En avril dernier, la FIFA a modifié ses règlements pour permettre à ces joueuses de représenter à nouveau leur pays dans les compétitions internationales — une victoire arrachée depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. Pour les clubs de district qui font vivre le football amateur chaque week-end, l'histoire parle surtout d'une évidence: sans le maillage humain des bénévoles, pas de football qui dure.

Une reconnaissance, mais pas d'ancrage

La décision de la FIFA, attendue depuis des années, est d'abord le fruit d'un combat mené par Khalida Popal, ancienne capitaine et fondatrice de l'organisation Girl Power, qui œuvre depuis l'exil pour que ces joueuses existent sur la scène mondiale. « Ce fut une immense victoire pour nous, un moment merveilleux, et l'un de ceux dont nous sommes les plus fières. Parce qu'une fois encore, les femmes de notre pays ont fait l'histoire », a-t-elle confié à DW. Sur le terrain afghan, pourtant, rien n'a bougé: les femmes n'ont toujours pas le droit de pratiquer un sport, et la Fédération afghane de football, contrairement à l'instance mondiale, ne reconnaît pas l'équipe féminine.

Tisser une équipe depuis la diaspora

Les joueuses, elles, sont éparpillées entre l'Angleterre, l'Italie, le Portugal, l'Allemagne ou encore l'Australie. Le camp d'entraînement de l'été 2026, rendu possible par une invitation du VfL Wolfsburg et de Volkswagen, illustre cette drôle de géographie: pour se retrouver, l'équipe dépend entièrement de soutiens extérieurs et de la mobilisation de la diaspora afghane. « Nous serons probablement l'une des premières équipes nationales de l'histoire à n'avoir ni foyer ni pays où jouer, résume Khalida Popal. Nous n'avons ni fédération ni pays où le talent peut se développer. » La milieu de terrain Maryam Karimi, installée au Portugal après avoir fui l'Afghanistan, veut pourtant croire au retour: « J'espère qu'un jour nous pourrons rejouer en Afghanistan avec cette équipe. » En attendant, ses coéquipières, même réunies de loin en loin, restent soudées par un maillot que personne ne peut leur retirer.

Ce que cela change pour nos clubs

Pour les clubs amateurs, l'écho de cette histoire est d'une clarté désarmante. Une équipe ne se résume jamais à onze joueuses un dimanche après-midi: elle se construit sur des parents qui font le covoiturage, des éducateurs qui ouvrent les vestiaires à six heures du samedi, des municipalités qui prêtent un gymnase quand il pleut. Le jour où ce maillage s'effrite, c'est le club qui disparaît avec lui. L'équipe nationale afghane, privée de son territoire mais portée par des femmes qui refusent de baisser les bras, en est la démonstration par l'absence: tant qu'il reste des joueuses et des bénévoles pour les réunir, le football survit, même sans stade où se poser.