Nouvelle directive de la FAW : le football féminin réservé aux femmes de naissance
Selon un communiqué rendu public vendredi, la Football Association of Wales (FAW) a tranché: pour accéder aux compétitions affiliées réservées aux femmes, il faudra désormais être une femme « de naissance ».
Juliette Garnier·mis à jour 01 août 2026

La décision s'appuie sur une revue approfondie du cadre juridique britannique — incluant l'arrêt de la Cour suprême du Royaume-Uni de 2025 et le code de pratique de l'EHRC, l'Equality and Human Rights Commission — et entre en vigueur avec effet immédiat. Une inflexion nette, dont l'écho, même lointain, mérite d'être écouté dans nos clubs.
Quinze mois pour décider
La FAW n'a pas improvisé. Pendant quinze mois, ses responsables ont rencontré des joueuses transgenres, des clubs amateurs et professionnels, des ligues, des professionnels de la protection de l'enfance, des chercheurs, le gouvernement gallois, Sport Wales, des juristes spécialisés et des organisations défendant des points de vue divers. Le communiqué officiel qualifie cette revue de « l'un des processus les plus détaillés et soigneusement réfléchis » jamais menés par la fédération. Le texte reconnaît sans détour que les nouveaux critères « affecteront des membres de notre communauté, en particulier les joueuses transgenres » et que la FAW mesure « la force des sentiments » qui traversent le débat.
Une politique sous revue
La règle, précise la fédération, n'est pas gravée dans le marbre: elle « restera sous revue » aussi longtemps que le paysage juridique et réglementaire continuera d'évoluer. Surtout, la FAW met en place un Trans Participation Working Group — un groupe de travail mêlant participantes trans, clubs et organisations partenaires — chargé d'imaginer des modalités de jeu pour les personnes transgenres, d'accompagner la mise en œuvre du nouveau cadre et de « garantir que chacun ait des opportunités concrètes de participer et de faire croître le nombre de pratiquants » au football gallois. La fédération dit vouloir continuer à bâtir, via sa stratégie PAWB, un football « accueillant, respectueux et inclusif », même si les critères d'éligibilité pour les compétitions réservées aux femmes se resserrent.
L'écho dans nos clubs
Pour un club amateur hexagonal, le texte ne s'applique pas. Mais l'écho mérite d'être entendu. La FAW, confrontée aux mêmes interrogations que nombre de fédérations européennes, a choisi d'aligner ses critères sur la lecture britannique du droit, plutôt que de bricoler une exception locale. Chez nous, les bénévoles qui animent les sections féminines le savent: chaque joueuse compte, chaque absence se ressent, et l'équilibre d'un vestiaire tient à bien peu de choses. Derrière la décision juridique, il y a une question que chaque club finit par se poser, à son échelle — celle du maillage qu'on veut continuer à nouer entre les joueuses, et des frontières qu'on accepte de poser. La FAW a fait son choix, avec une rigueur qu'on peut saluer même quand on n'est pas concerné. Aux clubs hexagonaux, le jour où la question se posera, d'inventer le leur.