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Que faire à Rome : séjour culturel ou stage de foot ?

Trois cent soixante visiteurs. Pas un de plus, pas un de moins. C’est la jauge maximale que la Galerie Borghèse impose pour chaque créneau de deux heures, du mardi au dimanche, avec une dernière entrée à dix-sept heures.

Adrien Poulain·Mis à jour : 30 août 2026·21 min de lecture

Que faire à Rome : séjour culturel ou stage de foot ?

Que faire à Rome: séjour culturel ou stage de foot?

En face, une académie de Serie A propose des sessions d’entraînement personnalisées de quatre-vingt-dix minutes avec des entraîneurs officiels du club, sans plafond chiffré affiché. La question de savoir que faire à Rome n’est donc pas un choix esthétique. C’est d’abord un arbitrage de calendrier — et c’est exactement le genre de décision qu’un dirigeant de club amateur connaît par cœur, entre deux tableaux de marche et une demande de subvention à boucler.

À voir et à faire à Rome

Le patrimoine romain ne souffre pas l’improvisation. Il se gère comme un budget de saison: tout se joue en amont, et le site ne pardonne rien au dernier moment. À l’inverse, le football à Rome, même dans sa dimension touristique, garde une plasticité que les musées n’ont plus. Comprendre cette différence avant d’acheter les billets d’avion, c’est déjà éviter le séjour où l’on finit debout devant une grille fermée, ticket à la main et ampoules aux pieds.

Le patrimoine romain se gère comme un budget de saison: tout se joue en amont.

Le patrimoine sous quota: Galerie Borghèse, Villa, catacombes

Qui dit Rome pense souvent musées. Qui dit musées pense parfois qu’on verra sur place. Grave erreur. La Galerie Borghèse fonctionne sur un système de réservation par tranche de deux heures, avec une capacité maximale de trois cent soixante personnes simultanément. Concrètement, si vous débarquez sans billet, vous ne rentrez pas. Ce n’est pas une mesure technique prise au hasard, mais une logique de conservation défendable: la collection est dense, les salles sont étroites et la circulation doit rester fluide.

Pour qui a déjà bataillé avec un district afin de faire homologuer un terrain, l’analogie est presque trop facile. Une jauge, des horaires, des conditions d’accès, une organisation qui ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation: la Galerie Borghèse se prépare comme un déplacement important.

Pour un groupe amateur qui arrive avec une délégation et deux ou trois encadrants, cela signifie une chose: on réserve avant de prendre l’avion. Le créneau se choisit en fonction de la cohorte, l’arrivée sur place se fait avec une marge et le plan B doit être prêt. En haute saison, les tranches horaires peuvent être complètes plusieurs semaines à l’avance. Une visite de la galerie ne se cale donc pas entre deux activités parce qu’il reste une heure de libre dans le programme. C’est elle qui impose une partie du programme.

Il faut également mesurer la fatigue du groupe. Une équipe de jeunes joueurs ne visite pas une collection de sculptures comme une famille qui flâne tranquillement. Après un trajet, une nuit courte ou une matinée de marche, l’attention baisse vite. Le créneau de deux heures peut sembler raisonnable sur le papier, mais il demande un minimum de préparation: expliquer ce que l’on va voir, répartir les responsabilités entre adultes et éviter de transformer la visite en simple passage obligé.

La Villa Borghèse, espace de respiration

À quelques centaines de mètres, la Villa Borghèse offre le contre-pied parfait. Devenu public en 1903, le parc s’étend sur quatre-vingts hectares — l’équivalent d’une bonne centaine de terrains de football. L’accès est entièrement gratuit et le site est ouvert tous les jours. C’est, en termes administratifs, l’équivalent de notre stade municipal le dimanche matin: un espace non contingenté où l’on peut poser son sac, faire une pause et regarder les enfants courir.

Pour un club, c’est le sas de décompression idéal entre deux visites exigeantes. On y marche sans objectif de rendement, on y fait un point avec les encadrants, on y mange un panino à l’ombre des pins. Aucune réservation, aucun quota, aucun stress. La Villa Borghèse permet aussi de répartir les rythmes: les plus sportifs peuvent prolonger la promenade, tandis que les accompagnateurs qui ont besoin de souffler disposent d’un cadre agréable sans devoir renoncer à la journée.

Il ne faut pas confondre cette souplesse avec une activité sportive organisée. Le parc est vaste, mais il ne remplace ni un terrain réservé ni une séance d’entraînement. On y trouve surtout une respiration utile dans un séjour chargé. Quelques exercices de mobilité ou un réveil musculaire léger peuvent avoir du sens si le groupe en a l’habitude, mais une vraie séance exige un espace adapté, un encadrement et des conditions qui ne sont pas celles d’un parc urbain fréquenté.

La Villa Borghèse est donc particulièrement intéressante dans un itinéraire consacré à visiter Rome sportivement, sans faire de chaque déplacement une épreuve physique. Elle donne de l’air au programme et évite l’enchaînement absurde des monuments visités au pas de course.

Les catacombes: sept sites ouverts au public

Côté souterrain, Rome compte plus de soixante catacombes sous son tissu urbain. Mais toutes ne se visitent pas. Parmi les sept catacombes ouvertes au public, les catacombes de Priscille, sur la Via Salaria, et celles de Domitille sont deux options particulièrement intéressantes. Pour les autres, l’accès peut relever de conditions particulières, notamment archéologiques, religieuses ou scientifiques.

C’est un point qu’il faut clarifier avant le départ. Certaines brochures un peu légères donnent l’impression que l’on peut descendre dans n’importe quelle catacombe comme on entre dans un musée. Ce n’est pas le cas. Les conditions précises — billets, horaires, langues des visites et modalités d’accès — varient selon les périodes et les opérateurs. Comme toujours, on s’informe en amont.

Les catacombes de Priscille sont connues pour leurs fresques paléochrétiennes, dont certaines se trouvent dans le cubiculum dit de Velata et sont datées de la seconde moitié du IIIe siècle. C’est précis, daté, vérifiable: pas un récit de guide à la mémoire défaillante. Domitille, plus vaste, propose un autre visage du réseau souterrain.

Pour un club, c’est une sortie culturelle d’une densité rare: peu de monde, des guides souvent excellents et un vrai moment de rupture avec la surface. Il faut cependant prendre en compte l’environnement de la visite. Les galeries sont souterraines, l’atmosphère n’est pas celle d’un musée classique et la sortie ne conviendra pas forcément à tous les profils. Avec des adolescents, mieux vaut présenter le lieu avant d’y aller plutôt que de laisser chacun découvrir au dernier moment un espace qui peut impressionner.

Le billet combiné: Palatin, Forum, Colisée

Trois monuments, un seul billet, vingt-quatre heures pour tout voir. Voilà ce que propose le billet combiné du Parc archéologique du Colisée. Sur le papier, l’aubaine. Dans la pratique, une course contre la montre qu’il faut accepter comme telle.

Le Mont Palatin n’est pas un à-côté du Colisée. C’est la colline originelle, le berceau légendaire de Rome. La traverser en une journée demande de bonnes chaussures et une lecture préalable des lieux. Ce n’est pas le genre d’endroit où l’on improvise une visite de groupe sans repérage. Les dénivelés, les zones pavées et les temps de déplacement entre les différents espaces changent complètement la perception de la journée.

Pour un encadrant, c’est une responsabilité supplémentaire. On ne gère pas une équipe de U17 comme on gère une sortie de fin d’année. Il faut savoir où se trouve le groupe, maintenir une progression raisonnable et éviter que les joueurs les plus rapides ne partent trop loin devant. Les horaires de fermeture sont stricts, les contrôles à l’entrée systématiques et le billet combiné ne dispense pas de vérifier les conditions d’accès propres à chaque monument.

L’astuce du dirigeant amateur — celle qu’on applique pour n’importe quel déplacement — consiste à programmer la montée au Palatin tôt le matin, à enchaîner avec le Forum en milieu de journée et à garder le Colisée pour la fin de journée, quand la lumière change la pierre. Cela suppose d’avoir vérifié les heures d’ouverture avant le départ, pas après. Personne n’a envie de se retrouver avec une délégation fatiguée devant un portail fermé.

Ne pas transformer la visite en épreuve d’endurance

Le parcours antique a une valeur culturelle évidente, mais il peut aussi devenir le principal facteur de fatigue du séjour. Un groupe qui marche plusieurs heures sous la chaleur, avec des temps d’attente et peu de pauses, sera moins disponible pour la séance de football du lendemain. C’est ici que le programme doit être pensé comme un calendrier sportif: on ne place pas une charge importante juste avant une échéance sans tenir compte de la récupération.

Le déjeuner doit être intégré au parcours, et pas traité comme un détail que l’on réglera entre deux monuments. Pour une délégation, trouver une solution rapide pour quelques personnes n’est pas la même chose que nourrir un groupe entier à proximité immédiate d’un site très fréquenté. Il faut également prévoir l’eau, les pauses et un point de rendez-vous clairement identifiable.

Le principe est simple: une journée culturelle n’a pas besoin d’être remplie jusqu’à la dernière minute pour être réussie. Mieux vaut voir correctement deux sites et conserver un groupe disponible que d’aligner trois visites dans un état de fatigue avancé. Rome ne disparaîtra pas parce qu’une partie du Forum est remise à un autre séjour.

L’appel du terrain: Roma, Lazio et les académies

Venons-en au cœur du sujet pour celles et ceux qui lisent ce média: le foot. Rome, c’est l’AS Roma et la SS Lazio. Mais c’est aussi un détail qui a son importance: les deux clubs partagent le Stadio Olimpico, une enceinte de soixante-dix mille places.

Cela signifie qu’on ne choisit pas entre deux stades mythiques comme à Madrid. À Milan aussi, les deux grands clubs partagent la même enceinte, San Siro. Rome n’est donc pas une exception sur ce point: le choix ne porte pas sur deux bâtiments distincts, mais sur deux histoires, deux ambiances et deux maillots qui se rencontrent dans un même stade. Pour un jeune joueur, cette nuance compte. La visite du stade ou l’assistance à un match ne produisent pas la même impression qu’un entraînement dans une académie, mais les deux peuvent nourrir un projet de séjour sportif à Rome.

Une séance d’académie n’est pas une visite améliorée

Pour un stage sur place, l’offre existe. L’AS Roma propose notamment une formule connue sous le nom de Training Experience, qui prévoit des séances personnalisées de quatre-vingt-dix minutes encadrées par des entraîneurs officiels du club. Ce n’est pas un stage de plage avec un animateur touristique: c’est un contenu estampillé Serie A, avec un vocabulaire, des exercices et une intensité qui portent la signature du club.

Le programme détaillé, la durée du séjour, les tranches d’âge concernées et les modalités d’inscription pour la saison en cours doivent être vérifiés directement auprès du club. Ces éléments changent d’une saison sur l’autre, et il serait malhonnête de figer ici ce qui doit être confirmé au cas par cas.

Pour un groupe français, il faut surtout clarifier le niveau attendu. Une séance d’académie peut être vécue comme une découverte par certains joueurs et comme une véritable situation de travail par d’autres. Les encadrants doivent donc savoir ce qu’ils recherchent: une exposition à une autre culture footballistique, une séance technique, un contenu de formation ou un moment fort du voyage. Sans cet objectif, l’activité risque de rester une photo en tenue du club.

La SS Lazio propose également des dispositifs destinés aux jeunes joueurs, avec une coloration club différente. La vraie question n’est pas seulement de choisir entre Roma et Lazio, mais de déterminer ce que le groupe attend du stage. Une immersion dans l’univers de la Serie A avec un projet sportif clairement identifié, ou une expérience plus légère centrée sur la découverte? Le choix dépend du projet associatif, de l’âge des joueurs et de la manière dont le club amateur veut prolonger l’expérience au retour.

Le Stadio Olimpico: symbole ou activité principale?

Le Stadio Olimpico peut constituer le point fort du séjour, mais il ne faut pas lui faire porter tout le projet. Une enceinte de cette taille impressionne, surtout pour des joueurs qui suivent le championnat italien. Pourtant, l’émotion du stade dépend fortement du contexte: visite, match, tribunes accessibles, ambiance et calendrier de la compétition.

Si une rencontre y est programmée, la billetterie obéit à ses propres règles de vente et de quotas. Il faut là aussi s’y prendre en amont. Pour un groupe, l’achat des places ne se limite pas à trouver suffisamment de sièges: il faut vérifier leur répartition, les conditions d’accès des mineurs et l’organisation du trajet depuis l’hébergement.

En l’absence de match, le stade peut rester un repère important dans le parcours, mais il ne doit pas remplacer la séance de terrain. Les activités de football à Rome gagnent à combiner les deux dimensions: voir le haut niveau, puis mettre les joueurs en situation de pratique. C’est ce passage de la tribune au terrain qui donne sa cohérence au séjour.

Le bon séjour n’oppose pas les ruines au terrain: il organise la fatigue, les temps forts et les espaces de respiration.

Culture ou foot: la grille d’arbitrage

Soyons honnêtes: poser la question en termes binaires, c’est déjà se tromper. Pour un club amateur, la réponse n’est jamais ou bien la culture, ou bien le football. C’est une question d’ordre, de budget et de public.

CritèreSéjour culturelStage de football
RéservationImpérative plusieurs semaines avant pour les sites à quotaRecommandée, avec des conditions à vérifier au cas par cas
Créneaux imposésOui, selon la jauge et les horaires de fermetureOui, selon le planning de l’académie
Flexibilité sur placeTrès limitée pour les monuments réservésModérée, mais encadrée
PublicLarge, tous âges, avec des niveaux d’intérêt différentsJeunes licenciés et encadrants
Adapté à un court séjourOui, sur un à trois joursPlutôt moins, car un stage suppose une organisation dédiée
Valeur ajoutée associativeDécouverte, ouverture culturelle, cohésionFormation, comparaison et exposition à un autre football
Risque principalAccumuler trop de marche et manquer les horairesPayer une activité sans avoir défini l’objectif pédagogique

La ligne du bas, pour nous, est assez claire: un club qui a un projet de formation précis va privilégier le stage. Un club qui veut ouvrir l’horizon de ses adhérents équilibrera les deux. Un club dont le budget ne permet qu’un arbitrage tranchera en fonction de l’âge du groupe.

Les U17 tireront probablement davantage profit d’une semaine d’entraînement à Rome que d’une journée entière au Forum, mais cela ne signifie pas qu’il faut supprimer toute visite. Le football ne se joue pas dans une bulle. Découvrir une ville, comprendre l’histoire du pays où l’on joue et partager autre chose que des exercices techniques participent aussi à la vie d’un collectif.

À l’inverse, un groupe composé de jeunes joueurs débutants ou de familles accompagnatrices ne tirera pas forcément le même bénéfice d’un stage intensif. Dans ce cas, une séance unique, bien préparée, peut suffire. Le reste du séjour peut être consacré aux monuments, aux déplacements en ville et à un temps libre maîtrisé.

Optimiser une, deux ou trois journées

La vraie question opérationnelle, c’est le nombre de jours. Pour un week-end prolongé, voici comment on peut s’organiser, en respectant la logique d’un calendrier de compétition.

1. Jour 1 — Découverte urbaine et Villa Borghèse: on atterrit le matin, on pose les valises et on file directement à la Villa Borghèse. Pas de réservation, pas de stress. Les quatre-vingts hectares permettent de marcher, de récupérer du trajet et d’attaquer la Galerie Borghèse à l’heure du créneau réservé. Cela suppose, évidemment, d’avoir réservé la galerie plusieurs semaines avant et de vérifier que l’horaire est compatible avec l’arrivée du groupe.

2. Jour 2 — Colisée, Forum et Palatin: c’est la grosse journée culturelle. On prend le temps de rejoindre les différents espaces, on évite de programmer une séance intense le même soir et on désigne un point de rassemblement qui ne dépend pas du réseau téléphonique. Pour une délégation, le confort logistique n’est pas un luxe: il conditionne directement l’attention des joueurs.

3. Jour 3 — Terrain et Stadio Olimpico: la séance d’entraînement vient plutôt après une nuit complète, avec un repas adapté et un temps de récupération. La visite du stade ou le match peut compléter la journée, à condition de ne pas prévoir un retour précipité vers l’aéroport ou la gare. Le football doit être le temps fort sportif, pas une activité ajoutée dans un interstice.

Sur un séjour plus long, la répartition devient plus confortable. On peut isoler la séance de terrain, réserver une demi-journée aux catacombes et conserver une plage libre pour les imprévus. Cette marge est précieuse à Rome: une réservation déplacée, un retard de transport ou une météo difficile suffit à déséquilibrer un programme trop serré.

Le bon rythme pour un groupe de jeunes

L’erreur la plus courante consiste à programmer le séjour selon les distances sur une carte. Deux lieux peuvent sembler proches et demander pourtant beaucoup de temps à cause des entrées, des contrôles, de la circulation ou de la progression du groupe. Avec des jeunes joueurs, chaque déplacement est plus lent qu’avec deux adultes habitués à marcher en ville.

Il faut aussi distinguer la fatigue physique de la fatigue mentale. Une longue visite guidée ne sollicite pas les jambes comme un entraînement, mais elle demande de l’attention, de l’écoute et de la patience. À l’inverse, une séance de football peut sembler ludique tout en pesant sur les organismes. Enchaîner les deux sans pause revient à ignorer la charge réelle de la journée.

Dans un séjour sportif à Rome, le temps libre doit donc être organisé sans être rempli. Une heure au calme, un repas pris correctement ou une promenade sans objectif peuvent avoir davantage de valeur qu’une attraction supplémentaire. Le rôle de l’encadrement est aussi de protéger ces moments, surtout lorsque l’enthousiasme des joueurs pousse à vouloir tout faire.

Conseils logistiques pour combiner visites et entraînement

La préparation commence par une carte simple du séjour. On y inscrit les lieux de visite, le terrain, l’hébergement, les points de restauration et les trajets entre chaque étape. Ensuite seulement, on ajoute les horaires. Cette méthode évite de construire un programme séduisant sur le papier mais impossible à tenir avec un groupe.

Quelques principes font gagner du temps:

  • Réserver les sites à créneau avant le transport: la Galerie Borghèse et les monuments qui imposent un horaire doivent être placés en premier dans le calendrier.
  • Éviter deux journées lourdes consécutives: une journée au Colisée, au Forum et au Palatin mérite une plage de récupération avant un entraînement exigeant.
  • Prévoir une marge pour les entrées: un groupe ne franchit pas un contrôle aussi vite qu’un visiteur seul. Les billets doivent être regroupés, les responsables identifiés et les consignes répétées avant l’arrivée.
  • Séparer le rôle du guide et celui de l’éducateur: celui qui raconte le monument ne peut pas surveiller seul toute une délégation. La répartition des adultes doit être claire.
  • Anticiper les repas: il faut connaître à l’avance les solutions adaptées au nombre de participants, aux allergies éventuelles et à l’horaire de l’activité suivante.
  • Préparer les joueurs à la marche: chaussures adaptées, eau, couvre-chef et pauses ne relèvent pas du détail. Ils font partie de la préparation du séjour.
  • Garder un plan de repli: une visite plus courte, un parc ou un temps libre peuvent remplacer une activité annulée sans mettre toute la journée en péril.

Le transport mérite une attention particulière. Rome se découvre à pied, mais pas entièrement et pas au même rythme pour tout le monde. Un groupe de jeunes joueurs chargé de sacs ou de matériel ne se déplace pas comme un couple de touristes. Il faut tenir compte des correspondances, des escaliers, des zones très fréquentées et de l’heure à laquelle on devra rejoindre le terrain.

Le matériel et la tenue

Un stage de football impose de distinguer le matériel réellement nécessaire de ce que chacun aimerait emporter. Les joueurs n’ont pas besoin de transformer leur bagage en réserve de vestiaire. Une tenue d’entraînement, des chaussures adaptées à la surface annoncée par l’organisateur et une tenue de rechange correctement identifiée suffisent généralement à structurer la journée.

Pour une équipe féminine ou un groupe mixte, la question des tailles, des protections et des équipements individuels doit être réglée avant le départ. Le club amateur ne peut pas compter sur une solution improvisée une fois arrivé sur place. Les responsables doivent également savoir qui conserve les documents, qui gère les autorisations et qui garde le contact avec l’organisateur de la séance.

Cette organisation peut sembler éloignée de la question que faire à Rome. Elle en est pourtant le centre. Un séjour sportif ne se résume pas à trouver une académie disponible. Il faut que les joueurs arrivent dans de bonnes conditions, qu’ils comprennent le cadre de la séance et qu’ils puissent ensuite profiter de la ville sans être épuisés ou dispersés.

Un séjour qui a du sens pour le club

Le meilleur programme n’est pas celui qui accumule les lieux prestigieux. C’est celui qui donne une cohérence à l’expérience. Pour un club amateur, Rome peut devenir un support de formation autant qu’une destination. On peut parler de la place du sport dans la ville, de l’histoire des clubs, de la manière dont un stade devient un marqueur d’identité et de ce que les joueurs observent dans une autre culture footballistique.

Cette dimension ne demande pas forcément une conférence supplémentaire. Elle peut passer par une consigne simple avant la visite, un échange dans le bus ou un retour collectif après la séance. Que retient-on d’un entraînement encadré par des entraîneurs italiens? Qu’est-ce qui change dans les déplacements, les exercices ou les relations entre les joueurs? Qu’a-t-on compris du rapport entre un club, son quartier et son stade?

Les visites culturelles trouvent alors leur place sans être présentées comme une punition éloignée du football. Le Forum et le Colisée racontent une ville qui a construit son pouvoir autour de lieux collectifs. La Villa Borghèse offre un espace de relâchement. Les catacombes imposent un autre rythme et une autre écoute. Le terrain, lui, remet le groupe en action. L’intérêt du séjour vient précisément de cette alternance.

Pour les accompagnateurs, cette approche permet aussi de sortir du faux dilemme entre activité utile et activité agréable. Une journée de visite peut renforcer la cohésion si elle est bien préparée. Une séance de football peut perdre son intérêt si elle est seulement consommée comme une animation. Dans les deux cas, le résultat dépend du projet défini avant le départ.

Alors, que faire à Rome?

Il n’existe pas une réponse unique, mais il existe une mauvaise méthode: réserver un entraînement, empiler les monuments et espérer que le groupe suivra. Rome réclame un ordre de marche. Les sites à quota doivent être sécurisés, les temps de trajet intégrés et les journées lourdes séparées par de vraies respirations.

Pour un club amateur, le séjour le plus pertinent associe généralement une séance de terrain, un passage par le Stadio Olimpico et quelques visites choisies. La Galerie Borghèse convient à un groupe capable de respecter un créneau et de rester attentif. La Villa Borghèse offre la souplesse qui manque aux monuments réservés. Le Colisée, le Forum et le Palatin forment un ensemble fort, mais exigeant. Les catacombes peuvent apporter une rupture culturelle à condition de préparer les joueurs à ce qu’ils vont découvrir.

Le football reste le fil directeur si le déplacement est présenté comme un stage. Mais il ne doit pas devenir une frontière qui sépare les joueurs du reste de la ville. À Rome, le patrimoine, les espaces publics et les stades racontent tous quelque chose du collectif. C’est cette lecture-là qui transforme une sortie sportive en véritable expérience de club.

La question n’est donc pas de choisir entre visiter Rome et jouer au football. Il faut choisir ce que l’on veut faire vivre au groupe, puis bâtir le calendrier autour de cette intention. Une séance bien placée, une visite réservée à temps, une journée moins chargée et quelques espaces de respiration feront davantage pour la réussite du voyage qu’un programme rempli de promesses.

Questions fréquentes

Faut-il réserver la Galerie Borghèse à l'avance ?
Oui, c'est impératif. La galerie impose une jauge maximale de 360 personnes par créneau de deux heures, et les places peuvent être complètes plusieurs semaines à l'avance.
Peut-on improviser une séance de sport à la Villa Borghèse ?
Le parc est un espace public idéal pour se détendre, mais il ne remplace pas un terrain réservé. Il convient pour un réveil musculaire léger, mais pas pour une séance d'entraînement structurée.
Comment organiser la visite du Colisée, du Forum et du Palatin ?
Ces trois sites sont accessibles via un billet combiné valable 24 heures. Il est conseillé de programmer la montée au Palatin le matin, de poursuivre par le Forum et de terminer par le Colisée en fin de journée.
Comment choisir entre l'AS Roma et la SS Lazio pour un stage ?
Les deux clubs partagent le même stade, l'Olimpico. Le choix dépend davantage de votre projet pédagogique et de l'expérience d'immersion que vous souhaitez offrir à vos joueurs.
Toutes les catacombes de Rome sont-elles accessibles au public ?
Non, sur plus de soixante sites souterrains, seuls sept sont ouverts au public. Il est nécessaire de vérifier les conditions d'accès, les horaires et les modalités de visite avant le départ.